CRISE FINANCIERE PARTIE 2 ( LA SUITE )

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CRISE FINANCIERE PARTIE 2 ( LA SUITE )

Message par RAMI20002000 le Ven 26 Nov - 17:19

En octobre 2008 ; le Gouvernement américain, après avoir gagné à sa cause un Congrès au départ réticent, a adopté un plan de sauvetage de 700 milliards de dollars des Etat- Unis (le «Troubled Assets Relief Program»- TARP), le plus gros de toute l’histoire du pays. La moitié de ces fonds a déjà été utilisée, et de nombreuses questions se posent concernant l’utilisation exacte qui en a été faite.
La nouvelle administration américaine souhaite utiliser l’autre moitié, mais se heurte à une certaine opposition, y compris parmi ses partisans, qui souhaitent davantage de transparence et entendent bien comprendre les conditions d’utilisation de ces fonds.
Dans le même temps la nouvelle administration américaine peaufine, aussi un grand plan de reprise économique, une sorte de New Deal budgétaire combinant dépenses publiques et aides fiscales.
Le 15 janvier 2009, les représentants démocrates ont proposé un projet de loi pour quelque 825 milliards de dollars des Etat- Unis, répartis entre environ 60% de dépenses nouvelles (essentiellement en faveur de Medicaid , de l’éducation , des infrastructures et des énergies renouvelables ,) et 40% de réductions d’impôts , qui a été mis sur pied en consultation avec le président nouvellement élu et qui, après examen par le Congrès, devrait être adopté d’ici à la mi février .
Pour financer sa réaction à la crise, le trésor américain devrait emprunter 1500 milliards de dollars des Etats-Unis en 2009, qui viendraient s’ajouter à sa dette existante. Il est permis de se demander si ce nouvel emprunt peut être absorbé et, dans le cas contraire, si les prix des T.Bonds ne risquent pas de s’effondrer. Le même type d’interrogations vaut aussi pour la solvabilité des pays européens la notation de la dette souveraine de la Grèce, du Portugal et de l’Espagne a été revue à la baisse, sans même parler du cas très délicat de l’Islande.
En Europe, la banque centrale européenne (BCE) et d’autres banques centrales ont prêté massivement à des banques confrontées à l’assèchement des prêts interbancaires, pour leur permettre de disposer des liquidités qui leur faisaient défaut.
Ces mesures exceptionnelles ont renforcé la capacité des banques à se refinancer et assoupli les tensions dues à la crise de liquidités sur le marché monétaire. Dans le même temps, alors qu’aux inquiétudes à propos de l’inflation en 2007 -2008 succédait la crainte d’une récession, voire d’une possible déflation , les banques centrales ont abaissé leurs taux d’intérêts directeurs pour stimuler la demande. Les pouvoirs publics ont également participé au sauvetage des institutions financières en difficulté, à commencer par la nationalisation de NORTHERN ROCK au ROYAUME- UNI , opération suivie du plan, annoncé le 19 janvier 2009, de 100 milliards de livres injectés par le Gouvernement britannique pour aider les banques à limiter leur pertes dues à des actifs en capilotade , qui venait lui –même compléter un plan similaire de 37 milliards de livres annoncé en octobre 2008.
Le 11-12 décembre 2008, le Conseil de l’union européenne a approuvé un plan européen de relance économique, qui servira de cadre pour des mesures incitatives ciblées d’un montant total de 200 milliards d’euros équivalent à 1.5% du PIB de l’Union européenne et destiné aux Etats membres et institutions de l’Union européenne. Pour l’essentiel, il se compose d’enveloppes visant à stimuler les économies nationales, déjà adoptées ou en phase de préparation , mais qui ne comportent pas toujours des dépenses nouvelles :20 milliards d’euros en France,32 milliards en Allemagne , 80 milliards en Italie,31 milliards en Pologne, 11 milliards en Espagne et 20 milliards au Royaume- Uni .
Conscient que de telles mesures commenceraient temporairement, par aggraver les déficits budgétaires qui passeraient au-delà du plafond des 3% du PIB autorisé au titre du Pacte, de stabilité et croissance, le Conseil européen réaffirme son engagement total en faveur de finances publiques pérennes et invite les Etats membres à revenir aussitôt que possible à leurs objectifs budgétaires à moyen terme.
Le Japon comme la Chine ont adopté des plans de stimulation économique d’envergure (s’élevant respectivement à 276 milliards de dollars des Etats-Unis en octobre 2008, et à 588 milliards de dollars des Etats-Unis, en novembre 2008). L’envergure planétaire de la crise financière montre, s’il en était besoin, la nécessité d’une coopération internationale pour éviter les mesures qui fausseraient la concurrence ou aboutiraient à transférer le problème vers d’autres pays.
Malheureusement cette sorte de solidarité n’a pas été exercée de manière cohérente, et des décisions ont été prises de manière unilatérale, alors qu’elles auraient dû faire l’objet d’une concertation préalable. Ainsi, lorsque l’Irlande a décidé d’accorder une garantie illimitée des dépôts bancaires, elle a attiré des fonds en provenance de pays qui ne garantissaient pas leurs dépôts de manière aussi généreuse. Lorsque le Royaume-Uni à gelé les dépôts de filiale britannique de la banque islandaise Landsbanki et placé une autre banque islandaise, la Kaupthing, sous administration de la FSA (Financial Services Authority) britannique, ce qui était au départ une crise financière a abouti à une faillite complète qui a obligé à montrer une opération internationale de sauvetage ayant mobilisé les pays nordiques et d’autres pays européens, ainsi que le FMI. En ces temps de crise, il est vital que la solidarité, la coordination et la coopération internationales jouent à plein, non pas seulement entre membres de l’Union européenne, mais également à l’égard des Etats membres du conseil de l’Europe plus vulnérables et d’autres pays du (voisinage) de l’Union européenne.
*Réforme de l’architecture financière internationale :
La crise financière devrait aboutir, c’est là une de ses conséquences majeures, à une réforme de l’architecture financière mondiale. Le 15 novembre 2008, le G20 s’est réuni dans un Sommet sur les marchés financiers et l’économie mondiale, appelé également la Conférence de Bretton- Woods II par tous ceux qui attendent une refondation du système financier mondial. De fait, cette conférence a jeté les bases du processus visé. Selon les termes mêmes de la synthèse des conclusions émanant de la MAISON-BLANCHE, les dirigeants politiques participant au sommet sont parvenus à une compréhension commune des causes profonde de la crise mondiale, ont passé en revue les actions que les pays ont entreprise et entreprendront pour traiter la crise dans l’immédiat et renforcer la croissance, sont convenus de principes communs pour réformer nos marchés financiers, ont lancé un plan d’action pour mettre en œuvre ces principes et ont demandé aux ministres d’élaborer des recommandations spécifiques supplémentaires qui seront examinées par les dirigeants lors d’un sommet ultérieur, enfin, ils ont réaffirmé leur engagement en faveur des principes de l’économie de marché. Il a été convenu que des mesures immédiates pourraient être prises ou envisagées pour renouer avec la croissance et soutenir les économies de marché émergentes tout en continuant de prendre les mesures nécessaires pour stabiliser le système financier, en reconnaissant l’importance d’un soutien aux politiques monétaires et en utilisant les mesures budgétaires en tant que de besoin, en apportant des liquidités pour contribuer à fluidifier les marchés du crédit et en veillant à ce que le Fonds Monétaire International(FMI), la Banque Mondiale et les autres banques multilatérales de développement soient dotées des ressources suffisantes pour aider les pays en développement touchés par la crise, ainsi que pour apporter un financement commerce et aux infrastructures .
Les participants au sommet se sont entendus sur des principes communs pour guider la réforme des marchés financiers, notamment davantage de transparence et de responsabilisation, une règlementation assainie, la promotion de l’intégrité sur les marchés financiers, le renforcement de la coopération internationale et la réforme des institutions financières internationales.
Ils ont approuvé un plan d’action contenant un programme de travail complet visant à mettre en œuvre ces principes, et ont demandé aux ministres des Finances de s’employer à faire en sorte que le plan d’action soit mis en œuvre pleinement et énergiquement.
Les avancées seront examinées au prochain G20, qui doit se tenir à Londres le 2 avril 2009.
Ces travaux seront menés parallèlement à ceux de la Commission d’experts du Président de l’Assemblée générale des Nations Unies sur les réformes du système monétaire et financier international, présidé par JOSEPH STIEGLITZ, ancien économiste en chef de la banque mondiale et conseiller du président des États-Unis.
Ce que l’on peut dire d’ores et déjà est que le FMI, considéré jusque là comme une organisation n’ayant plus véritablement de raison d’être, a désormais repris le rôle qui était le sien à l’origine, celui de prêteur international à des pays confortés à des difficultés de balance des paiements. Le FMI a récemment mis au point des prêts conséquents à l’Islande, à la Hongrie, à la Lettonie, à la Serbie, à l’Ukranie et au Pakistan. Il va sans dire que ces habits de prêteur que le FMI réendosse aujourd’hui aboutiront indubitablement, une fois encore, à un questionnement sur ses conditions de prêt, qui prennent habituellement, la forme de coupes budgétaires, et sur l’impact de ces conditions pour les populations, comme cela avait été par exemple le cas à la suite de la crise financière asiatique de 1997.
ANNEXE RELATIVE AU G20:
A) Composition du G20 :
Le groupe des 20 (G20) est un forum crée en 1999…Il réunit les ministres des finances et les directeurs des banques centrales de :
-l’Allemagne, le Canada, les États-Unis d’Amérique, la France, l’Italie, le Japon, le Royaume-Uni, la Russie et les grandes économies émergentes :
-l’Afrique du sud, l’Arabie Saoudite, l’Argentine, l’Australie, le Brésil, la Chine, la Corée du sud, l’Inde, l’Indonésie, le Mexique, et la Turquie.
En plus des représentants de ces 19 pays, le G20 compte également l’Union européenne représentée par le Président du Conseil et celui de la Banque Centrale Européenne.
B) SOMMETS DU G20 :
G20 de Washington du 15 novembre 2009.
G20 de Londres du 02 avril 2009.
G20 de Pittsburgh de septembre 2009.
C) PRINCIPALES DISPOSITIONS ARRETEES :
1- Fonds:
Le G20 évalue dans son plan l’aide financière à 1100 milliards USD.
Cette aide, qui s’ajoute à celles déjà décidées, au plan national, par chacun des Etats, peut-être présentée ainsi :
- Triplement des fonds disponibles du FMI à 750 milliards.
- Financement de 100 milliards de prêts octroyés par les banques multilatérales de développement.
- Garantie d’un crédit de 250 milliards afin de financer le commerce international.
- Vente d’une partie des stocks d’or du FMI (Fond Monétaire International) pour financer des prêts avantageux en faveur des pays les plus pauvres.
2- Entre solidarité et développement durable:
Par le plan, le G20 s’engage à faire tout ce qui est nécessaire pour :
- Restaurer la confiance, la croissance et l’emploi.
- Réparer le système financier et relancer le financement de l’économie.
- Renforcer la réglementation financière pour retrouver la confiance.
- Financer et reformer les institutions financières internationales pour surpasser la crise et en éviter de nouvelle.
- Promouvoir le commerce mondial et l’investissement et rejeter le protectionnisme, pour retrouver la prospérité, et susciter une relance dynamique, durable et respectueuse de l’environnement.
Sauvetage du secteur financier et nouvelle régulation :
*Débat sur les plans de sauvetage d’urgence du secteur financier :
La menace de faillite du système bancaire, qui finance l’économie, a poussé les pouvoirs publics des différents pays à intervenir à travers trois principales méthodes :
*/L’idée de cantonnement des actifs dangereux, reprise de ce qui avait déjà été mis en place lors de la crise des caisses d’épargne américaines de la fin des années 1980.C’est le principe d’origine du plan Paulson.
*/La garantie de l’Etat aux emprunts servant à refinancer les bilans des banques. C’est la réponse à l’il liquidité des marchés de refinancement interbancaires.
*/La recapitalisation des banques par les Etats, en réponse aux craintes d’insolvabilité ou du moins des non-respects des critères de solvabilité incarnés par le ratio tier one. C’est l’action initiée par le gouvernement britannique de Gordon Brown et reprise dans la foulée par les grands Etats Européens.
Ces actions ont été interprétées comme le renforcement de l’action des Etats dans le système financier après trente années de recul du rôle de l’Etat. Certaines interprétations ont salué la fin du libéralisme voire comme lors de la crise boursière de 1987, la faillite du capitalisme.
D’autres interprétations voient un retour vers le keynésianisme.
*Test de résistances et nouvelle régularisation :
Début mai, les résultats des tests de résistance à la crise destinés à faire le point sur l’état des banques américaines et sur leur capacité à faire face à la conjoncture a montré qu’elles avaient besoin de 74,6 milliards de dollars. Cela a plutôt réconforté les marchés et les banques se sentent capables en général de lever des fonds sans passer par le gouvernement américain (elles continuent malgré tout de bénéficier de taux de refinancement très bas de la part de la Fed)
Des observations s’inquiètent de l’attitude des banques qui semblent vouloir en revenir à des pratiques d’avant la crise. Tout cela pousse le secrétaire du Trésor Timothy Geithner à vouloir réguler le marché des produits dérivés « alors que la mémoire des dommages est encor aigüe ».
Le président Barack Obama signe le 20 mai 2009 le Helping Families Save Their Homes Act of 2009 et le Fraud Enforcement and Recovery Act of 2009, qui établit notamment une commission d’enquêtes, la Financial Crisis Inquiry Commission dirigée par Phil Angelides est chargée d’enquêter sur les causes et responsabilités de la crise. La commission est dotée d’un budget de 8 millions de dollars. En juin 2009 l’administration Obama nomme un superviseur chargé de contrôler les rémunérations des dirigeants de banques ayant reçu deux fois des fonds publics. Par ailleurs il est envisagé que les régulateurs puissent faire changer les systèmes de rémunération si ceux-ci sont susceptibles d’engendrer des incitations dangereuse pour la stabilité des établissements financiers.
En Europe, le gouverneur de la banque de France, Christian Noyer, voudrait que les banques européennes soient également soumises à des tests de résistance. En effet, il contestait des chiffres du FMI qui évaluaient les besoins de fonds des banques européennes d’y voire plus clairs. Début Juin 2009, huit économistes français et allemands, Peter Bofinger, Christien De Boissieu, Daniel Cohen, Jean Pisani –Ferry, Wolfgang Franz, Christoph Schmidt, Béatrice Weder di Mauro, Wolfgang Wiegand, réclament de vrais « stress tests » européens car ils estiment qu’il est urgent de connaitre « le véritable état de santé du système bancaire européen ».
Par ailleurs, une supervision financière à l’échelon européen est à l’étude par la commission européenne qui s’appuie en cette circonstance sur le rapport de Jacques de Larosière. Toute fois le Royaume –Uni semble très réticent à l’idée de « se faire dicter en dernier ressort sa conduite par une autorité européenne.
La situation en 2010
*Les risques de nouvelles bulles
Les liquidités injectées par les banques centrales pour pallier la crise ont été, pour partie à l’économie réelle mais aussi pour partie, vers la spéculation de sorte que des bulles menacent sur les bourses, les emprunts d’Etat, le sucre etc. Toutefois, les experts sont divisés. Par exemple, alors que le FMI pense que la Chine est menacée par la surabondance du crédit, la Banque Mondiale pense l’inverse.
*Bonus et rente bancaire
Pour Jean-Marc vittori, plusieurs signes(«des salariés mieux payés qu’ailleurs, de la secrétaire au directeurs général ;des bonus extravagants ;des profits au-dessus de la moyenne») montrent l’existence des rentes( c’est –a -dire de profits au dessus de la moyenne liés à des dysfonctionnements du marché) dans le secteur bancaire et financier .Si en septembre 2009 ,ce journaliste s’interrogeait sur la provenance des rentes, des études récentes commencent à apporter certains éléments de réponse.
Dans une étude de récente du FMI, des économistes ont soulignés que ce sont les institutions financières qui avaient le plus investi en lobbying entre 2000 et 2006 qui avaient émis le plus de prêt risqués.
Par ailleurs, selon Hélène Rey les institutions financières ont investis 126 millions de dollars durant les neuf premiers mois de 2009 (pour façonner une réglementation du système financiers qui préserve leurs rentes)
Lorsqu’il y a une rente, deux grandes alternatives opposées sont possibles. Soit on peut chercher à la supprimer en modifiant la législation, c’est plutôt la position de Paul Volcker, soit l’état ou les institutions internationales peuvent tenter de s’en approprier une partie par le biais de taxes c’est plutôt la position de Lord Turner, le président de la Financial Service Authority de Londres.
*Le début d’une réforme du système financier aux Etats-Unis
Le 21janvier 2010, Barack Obama et son conseiller Paul Volcker proposent des mesures visant d’une certaine façon à actualiser le Glass-Steagall Act de 1933, abrogé en 1999.
Rappelons que cette loi avait été émise après la crise de 1929 de façon à éviter que les banques de dépôts, ne jouent sur les marches avec l’argent des déposants. Aussi les banques d’affaires et de dépôts devaient-elle être bien séparées. Outre ce point, de nos jours, le «too big to fail» pose également problème. Par là on décrit le fait que les grandes banques sachant que de toute façon les gouvernements les sauveront car leurs faillites emporteraient le système financier mondial peuvent être tentées de prendre trop risques.
Enfin, aux Etats-Unis, l’opinion publiques est «exaspérée par les bonus de Wall Streets et leurs profits gigantesques» alors même qu’il a fallu les sauver durant la crise financière de 2008.
Aussi la réforme envisagée comporte trois volets :
• Limiter la taille des actifs ;
• Interdiction pour les banques de spéculer pour leur propre compte ;
• Interdiction pour les banques de dépôts de posséder ou de financer des fonds spéculatifs.
Martin Wolf tout en approuvant volonté de Paul Volker de « développer un système financier qui serve a soutenir l’économie réelle plutôt qu’a réalisé d’énormes profits dans des activités fortement susceptibles de le déstabiliser » trouve ces solutions à la fois inapplicables et pas adaptées a ce qui doit être fait. Dani Rodrik professeur d’économie a l’université Harvard s’oppose à la critique de Martin Wolf estimant que cette réglementation serait inapplicable en dehors des Etats- Unis, pour cet universitaire :
• La diversité de règles concernant le secteur de la finance ne serait pas mauvaise pour les pays ou groupes de pays ayant la possibilité de dire aux banques « si vous voulez servir mon marché, vous devez jouer selon mes règles », D’une manière plus générales ; pour cet auteur, « nous souffrons d’un trop-plein de mondialisation financière, et non le contraire »
• Les réglementations mondiales sont des « des réglementations faibles et inefficaces » où les banquiers peuvent faire valoir leurs intérêts. Aussi, pour lui « la politisation est l’antidote nécessaire contre la tendance technocratique a être sous l’emprise des banques ». Il estime que « La responsabilité démocratique est notre seule protection contre un retour à une réglementation allégée ».
L’impact de la crise financière sur l’Algérie :
La crise financière ne peut par épargner indéfiniment l’économie nationale tant qu’elle persiste encore et les experts internationaux convergent sur sa poursuite, du moins sur le moyen terme. Bien que la question ne soit plus d’actualité mais elle continue toujours d’alimenter le débat parmi les milieux économiques.
Cette crise ne touche pas le système financier dans la mesure où ils n’existent pas de véritables banques, ni de bourses de valeur reliées aux réseaux mondiaux et le dinar n’est pas convertible. Mais les recettes en devises proviennent pour plus 98% des hydrocarbures, le prix du Gaz étant indexé sur celui du pétrole et toute décroissance de l’économie mondiale a des répercussions sur la demande
Car, c’est une question de demande et non d’offre, ce qui explique que les différentes réunions de l’OPEP aient eu un impact limité perdant d’ailleurs avec les différentes réductions de quotas des parts de marché au profit des pays non OPEP. C’est sur le plan du repli de la demande mondiale sur les produits énergétiques que l’économie nationale ressent la crise économique mondiale.
L’impact de la crise financière sur l’économie algérienne du point de vue de mer Abderrahmane MEBTOUL (expert international professeur en management stratégique).
1- Les Etats-Unis étant les plus grands débiteurs de la planète, au final on verrait le dollar déclassé avec l’accroissement du déficit budgétaire américain ce qui entrainera une poussée inflationniste. L’Algérie exportant à 98% en dollars et important presque tout dont plus de 50% en euros il y’aurait un amoindrissement des recettes en devises.
2- Plus de 43 milliards de dollars des réserves de change en Algérie environ 1/3 des réserves placés en bons de trésor américain à un taux d’intérêt de 2%, le dérapage du dollar plus de 45% ces six dernières années en référence à l’euro, et l’inflation supérieure à 3% entraine une dépréciation importante de ces montants, l’Algérie ne gagnant rien mais perdant avec un taux d’intérêt négatif. Sans préjuger selon les analyses qui prévoient en cas de persistance de la crise que la bulle financière atteindrait les bons de trésor américains ce qui serait catastrophique pour l’Algérie.
3- L’impact sur les autres montants placés dans des banques internationales. En effet le Ministre des Finances algérien devant le parlement a affirmé en 2007 qu’un montant des réserves de change a été placé auprès de ces banques, sans préciser le niveau. Or devant la gravité de la situation, il appartient au gouvernement algérien à l’instar des autres gouvernements dans la monde qui ont une communication transparente, de préciser le montant exact et si avec l’actuelle crise, ces banques sont ou ne sont pas tranchées par la banqueroute.
4- La récession de l’économie mondiale prolongée entrainerait inéluctablement une baisse de la demande mondiale des hydrocarbures (les économies asiatiques étant fortement connectés à l’économie mondiale) et par là une chute du cours du Brent, le prix de cession du Gaz déjà sous évalué de 50% par apport aux cours du Brent, et donc un manque à gagner pour l’Algérie.
5- Les poussées protectionnistes et certainement un relèvement des taux d’intérêts un ralentissement net du rythme de l’investissement étranger porteur.
6- L’Algérie important presque tout (montant allant vers 40 milliards de dollars/an fin 2008), au niveau mondial, cette poussée inflationniste mondiale aurait des répercussions sur la valeur des importations. Pour preuve l’indice FAO des prix alimentaires montre une hausse de 12% en 2006 par rapport à l’année précédente, de 24% en 2007 et de 50% prévision de l’année 2008.
7- Malgré l’embellie financière due aux recettes des hydrocarbures et non à une bonne gouvernance,(plus de 133 milliards de dollars de réserve de change) avec la mauvaise gestion( 40 milliards de surcoût du programme de soutien a la relance économique estimé à plus de 200 milliards de dollars), l’envolée des dépenses improductives ( plus de 38 milliards de dollars d’importation en 2008) , l’Etat serai forcer de diminuer les transferts sociaux estimés à 10 milliards de dollars( moyenne 2007/2008) dont plus de 1,5 milliards d’euro pour les subventions des produits de première nécessité en 2008. Cela amenuiserait le pouvoir d’achat de la majorité accentué par la concentration excessive du revenu au profit d’une minorité retière comme l’atteste les plus de 3000 euros de salaire mensuel aux députés, alors que le SMIG ne dépasse pas 120 euros.
*Cinq questions au ministre des finances :
Le ministre de finance, Karim Djoudi qui revient de Washington (Octobre 2008) après avoir pris part aux travaux des Assemblées générales du FMI et de BM, s’est laissé surprendre en répondant aux préoccupations proposé par une journaliste au sujet de la crise financière qui secoue les marchés financière internationaux :
1- Quel est l’impact de la crise financière sur l’économie algérienne ? Karim Djoudi : « en tout étant de cause, l’Algérie est protégée contre la crise financière mondiale. A ce titre un des anciens directeurs généraux de la Banque Mondiale a affirmé que la situation de l’économie algérienne se présente comme la face positive de la crise financière mondiale.
A cela plusieurs raisons ayant concouru à ce bon pronostic dont nous pouvons citer à la fois la réduction de notre désendettement intérieur et extérieur et la constitution d’un fond de régulation des réserves de change qui constituent de fait des mesure mises en œuvre pour assurer la protection de notre économie. Justement en évoquant le fonds de régulation des réserves de change, un fonds qui équivaut à prés de 40% du PIB cela nous permet d’effectuer des dépenses en termes de visibilité pour 5 ans en termes de financement.
C’est ensuite le refus de constituer des fonds souverains car au regard de la situation de crise mondiale, tout les pays qui ont opté pour les fonds souverains sont en train de payer la facture de la crise.
C’est ensuite le refus de la convertibilité du compte capital car autrement on aurait eu un mouvement de sortie des capitaux et nous aurions ressenti les effets de la crise.»
2- Comment se présente la situation et quelles en sont ses effets ?
Karim Djoudi : « sur un plan général, nous vivons une situation de crise financière internationale qui a touché fondamentalement les Etats-Unis d’Amérique, les pays de l’Union Européenne et qui affecte maintenant par effet d’entrainement des pays d’Amérique latine, d’Asie et d’Europe de l’Est.
Ces pays qui sont touchés par la crise du fait qu’ils sont présents dans les marchés financiers, vivent du capital financier connaissent maintenant un mouvement de retrait de ces capitaux internationaux. Ce qui les expose fortement à des problèmes en matière de liquidité ».
3- Des projections ?
Karim Djoudi : « les prévisions du FMI et de la BM prédisent une baisse de la croissance aux USA dans les pays de l’Union européenne, une stabilité de la croissance en Chine et une légère diminution de la croissance en Inde ».
4- Des informations sur les tendances des cours des prix des produits alimentaires ?
Karim Djoudi : « concernant la situation globale des cours des produits alimentaires de première nécessité, notamment les blés et le lait, les institutions financières internationales misent sur la tendance baissière des prix de ces produits ».
5- Quelle est la tendance des taux des devises ?
Karim Djoudi : « au plan des taux de change des devises, on parle du renforcement du dollar américain contre l’Euro. Au sujet du cours du marché énergétique qui enregistre des fluctuations à la baisse du prix du baril de pétrole, les observateurs se projettent sur des tendances à la baisse du prix du baril de pétrole dans des fourchettes comprises entre 80 et 70 dollars sans pour autant connaitre avec exactitude les impacts de la crise sur le cours des choses tant l’équation de la croissance économique mondiale déterminera son cours sur les marchés mondiaux ».
Conclusion
A la lumière des analyses précédentes on trouve que tout le système financier doit être repensé en mettant en place de nouvelles régulations supranationales, la mission des autorités étant d’empêcher la formation de bulles financières. Il y a urgence de plus de moralité tant des dirigeants entreprises que politiques, d’une nouvelle génération de leaders. Au niveau de la société civile, des sphères économiques et politiques, de synchroniser la sphère réelle et la sphère financière, cette déconnection au niveau mondial traduisant des richesses artificielles avec cette financiarisation croissante, car la monnaie n’est qu’un signe monétaire autant que les réserves de change facilitent les transactions, mais n’est pas l’essence du développement. Car à défaut de s’attaquer à l’essence de la crise (la dette de l’ensemble du marché américain s’élève déjà à 15 000 milliards de dollars) qui est le système dans son ensemble selon les analyses financières ; le gouvernement américain serait contraint de continuer à jouer les pompiers et aurait à trancher entre deux méthodes. La première consisterait à soutenir les banques, en augmentant leurs fonds propres ou en leur accordant des prêts longs pour résorber les décalages de maturité dans la dette. La deuxième serait d’aider les emprunteurs à rembourser leurs échéances, soit en allégeant directement le montant, soit en libérant l’inflation. Si la stratégie du fonds de secours s’avère gagnante, le déficit budgétaire des Etats-Unis augmentera. Si ce n’est pas le cas, le déficit sera encore plus important et avec les risques inflationnistes et un dérapage de valeur du dollar.
Ainsi le dollar serait déclassé par rapport aux devises fortes, alors qu’il représente comme unité de compte en 2007/2008 plus de 70% des transactions mondiales. La méfiance notamment des pays qui possèdent d’importantes réserves de change en dollars (dont la chine) accélérerait sa dépréciation. Or jusqu’à présent les Etats-Unis d’Amérique restent la première puissance économique mondiale bien qu’en baisse relative. Et comme dit l’adage et la crise financière actuelle est là pour le démontrer lorsque les USA toussent, l’ensemble du monde à la grippe, certes dont la gravité varie de pays à pays. Pour le cas de l’Algérie, la crise étant mondiale l’erreur de la mentalité bureaucratique, en panne d’idées, serait de vouloir revenir au volontarisme et au dirigisme bureaucratique des années 1970 , confondant régulation de l’Etat (le chef d’orchestre) primordiale en économie de marché et retour à l’étatisme
Ce qui ne ferait qu’accélérer la crise multidimensionnelle que vit dramatiquement la société algérienne.
Car, au moment où tous les dirigeants de la planète y compris les pays émergents et les pays les plus pauvres s’inquiètent de leur avenir, nous assistons à un silence étonnant de la part de nos dirigeants comme si cela ne nous concernait pas. Non, messieurs évitons certes toutes sinistrose, mais également cette autosatisfaction source de névrose collective, car cette crise concerne au plus haut point le devenir de l’économie algérienne.

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